Eugene nous parle de la révélation qu'il a eue auprès des adidas Runners de Singapour : la sécurité n'est pas l'alpha et l'oméga pour forger une véritable alliance. « Au départ, je me suis dit que la plupart des capitaines de grandes villes pouvaient facilement comprendre la situation des femmes lorsqu'elles témoignent de leur incapacité à courir la nuit ou évoquent les remarques sexistes qu'elles subissent dans la rue. Mais Singapour étant une ville relativement sûre, cette problématique ne semblait pas être un sujet majeur pour la plupart des femmes de notre communauté ». Cependant, en échangeant avec des runneuses de sa communauté, Eugene a pris conscience de l'urgence de favoriser une meilleure représentation des femmes et de leur proposer davantage de postes à responsabilités dans le milieu sportif. « La faible représentation féminine dans le sport, notamment le manque de femmes occupant des postes à responsabilités, se fait cruellement ressentir ici, à Singapour », reconnaît-il.
Grâce au Happy Pace Club, un lieu interdit aux hommes, de plus en plus de femmes ont été incitées à rejoindre l'initiative, tandis que de nombreux hommes de la communauté AR se sont engagés en tant qu'alliés. « Avant, le terme d'alliance n'était jamais employé au sein de notre communauté, mais aujourd'hui, je l'entends très souvent », note Eugene. Son témoignage montre que l'alliance ne se limite pas à la création de « safe spaces » (espaces sécurisés), mais inclut également l'instauration d'environnements où les femmes peuvent prendre les rênes et être reconnues.